LE CANAL MAIN - DANUBE

31 septembre 2002

le calme du club de BambergLe 30 dans l'après midi, j'ai repris contact avec le Bananec et le Regnitz Motorclub de Bamberg. En cette période de fin d'été et compte tenu que nous sommes un vendredi soir, tous les copains sont là et se révèlent être aux petits soins pour moi : ils sortent un Karcher pour que je fasse un peu de propreté sur le pont qui a été livré aux feuilles de saule depuis 3 mois. Ils mettent un chariot à ma disposition pour mon avitaillement en fuel. 

Le soir venu, il m'est impossible de dîner seul à mon bord : le barbecue tourne à plein et je dois freiner sur la bière qui vient directement du tonneau installé dans un joli coin de verdure car je vais chercher mon ami Theo à la gare au milieu de la nuit. 

Theo, est fidèle au rendez-vous même en fait en avance car je le retrouve devant la gare arrivé depuis un moment déjà. De retour au port, Erhard, mon ami Bambergois discute avec nous et lui dit qu'il n'est pas possible de faire le canal en deux jours. C'est pourtant le temps dont nous disposons pour le faire, pressés tous les deux par nos occupations extérieures.

le plaisir de naviguer de Theo*****l'écluse de Bamberg

Le matin vers 7.00, dès le départ, le soleil qui nous accompagnait se transforme rapidement en un brouillard tenace qui va nous accompagner un moment. Le rythme des écluses recommence avec la chance du bateau qui précède ou l'attente qui parait interminable de l'automoteur montant ou desendant. Theo, inconditionnel optimiste me dit qu'il sent le poisson pilote qui vient...

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Et il se présente en effet sous les traits du "Donau" un automoteur assez chargé pour ne pas nous larguer dans les biefs. Le passage des écluses est assez sportif mais il se révèlera bien plus délicat quand nous arriverons dans les derniers monstres de la montée... Theo dit que c'est notre chance. Nous allons le suivre jusqu'à 22.00 uniquement tiré dans la nuit tombée par son feu de poupe... ce qui vaudra à mon ami allemand quelque déboire difficile à admettre pour l'amour propre. Au passage à Nurenberg, je m'étonne de l'importance des bateaux de plaisance.

beau spécimen de croisièriste

 

Le soir venu, 20.40, nous avons déjà avalé 8 écluses et 90 kilomètres quand se présente l'écluse de Leerstetten. Moi, je suis mort et naviguer de nuit sur un canal ne me tente guère ! "Non, on y va" dit Theo. Le cul serré, j'embouque le bief seulement tiré par le feu de poupe du "Donau". Et tout ça sous la pluie qui maintenant nous accompagne. Au droit du port de Roth, nous croisons un descendant et Theo, peu habitué - et pour cause avec ses 20 cm de tirant d'eau - a un quillard va se mettre sur les roches de la rive... Manoeuvre rapide pour remettre le Bananec en pleine eau, sans problème, mais Theo est touché au coeur par son échouage. J'essaye de le rassurer en lui disant qu'Eric le Grand disait : "qui ne navigue ne s'échoue" mais il a du mal a accepter les faits. A l'écluse suivante, je lui dit que je ne me sens pas de suivre encore le Donau ! Exit !!! On se zone au bord du canal.

1er septembre 2002

EckzersmülhenAu matin du 1er septembre, comme je l'imaginais, le petit jour gris avec un ciel très bas se lève au pied d'une gigantesque écluuse.

Comme l'attente se promet d'être encore longue, nous escaladons l'écluse pour voir notre esquif vu de haut. A côté de la drague, le Bananec semble assez insiqnifiant, comme une chiure de mouche.

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Theo, rien de mal ne peut nous arriver... C'est avec le "Heinrich Heine", un imposant bateau de croisière que nous allons franchir cette énorme écluse de ... 26 mètres.

Quels mots vont pouvoir traduire ce que représente ce mouvement d'eau gigantesque : aucuns !!! La tension sur les bouts sont incommensurables.

Le flot nous arrive du fond en un bouillonement gigantesque que je n'aurais nullement imaginé. Je me rends compte qu'en aucune façon j'aurais pu franchir seul ces écluses.

Theo me montre là sa grande intelligence puisqu'il a passé ces écluses seul ! Avec le Bananec, à deux, nous souffrons énormément mais ceci est essentiellement du à la quille qui nous gène. Pour lui et son cata avec 20 cm de tirant d'eau, c'était plus facile.

Après le franchissement de ces deux écluses gigantesques, nous débouchons enfin sur le plateau le plus haut navigable d'Europe : 405 mètres au dessus du niveau de la mer.

 

le symbole du partage des eaux*****Theo sous la pluie

Ainsi, j'ai réussi le pari d'amener mon bateau sur le toit navigable de l'Europe avec 1m80 de tirant d'eau ! Tant de pessimistes m'ont dit l'impossibilité de ce pari fou ! Une grande émotion me saisit même si je suis un peu déçu du monument qui marque cette limite extraordinaire. La pluie calme un peu mes ardeurs et pour Theo, c'est déjà une redire: il est déjà passé la au printemps.

Riedenburg*****le nid d'aigle de Nusshausen

Plus nous approchons du confluent avec le Danube, plus la vallée est authentiquement jolie. Une fois de plus dans un tel voyage, je sens la frustration de n'avoir pas le temps de profiter de ces merveilleux sites rencontrés au fil de l'eau... Arrive Kelheim et son confluent avec le Danube... Theo qui a barré pratiquement tout le canal me demande de reprendre la barre avant le confluent. Je l'en remercie car découvrir la puissance du Danube m'est une expérience superbe. Pour nous diriger vers le port de Saal an der Donau, j'ai le trouillomètre à zéro ! J'entre enfin dans ce havre de paix.

le Bananec à Saal*****sur la collinne, le symbolle de la libération...

Ainsi, le "Bananec Blues" vient d'entrer dans un port sur, organisé, sans commune mesure avec Le Havre où on avait un travel lift de 30 tonnes : ici, c'est 120 tonnes. Pour moi, j'ai dors et déjà réussi un extraordinaire pari : faire passer un quillard de 1,80 m sur le sommet navigable de l'Europe. Maintenant, j'ai 2800 kilomètres à faire mais avec 6 écluses quand j'en ai franchi plus de 260. Le tout me parait maintenant assez facile à faire.

le port de Saal ***plan du port

Pour le moment, le "Bananec Blues" va goûter un repos bien mérité loin de l'eau salée et ne repartira qu'au printemps 2004... Je vous en parlerai en temps utile.

Bananec à Saal am der Danau*****dans la zone industrielle

écusson de Saal****le Danube sauvage ;;;;;


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